Gaëlle a participé à CHauve cette année et nous fait part de ses impressions avant / après.

- Charlotte : Merci d'avoir accepté de vous livrer ainsi.

- Gaëlle : Une des choses qui m’a permis de me lancer dans ce défi : lire ce que les autres avaient vécu et comment !

- On commence par la veille du défi. Voici ce que vous écriviez :

- Jour J-1 : Récemment, une amie m'a demandé : "qu'est-ce que ça t'apporte de te faire raser la tête ? En quoi c'est une action pour le cancer ?" Sacré question... qui a tourné dans ma tête pendant un moment !

Je pense que la réponse vient de la révolte que j'ai ressentie quand ma grand mère nous a annoncé son cancer et que 3 semaines plus tard, elle était décédée... encore aujourd'hui, je n'arrive pas à l'accepter! Et bien, je fais mon deuil avec cette action ! Mon deuil de son cancer, de sa brutalité, et de toute la douleur qui l'accompagne !

Je soutiens toutes les personnes malades, encore plus les gens à qui je tiens, je serais toujours là pour eux, pour les accompagner, les soutenir! Ce geste est là pour montrer que l'on peut compter sur moi, que c'est pas du faux semblant !

Merci à tout ceux qui m'ont soutenu !!! Votre soutien, moral ou financier m'a énormément touché !!! Merci !!!!

Le grand jour c'est demain ! Et je me réjouis !!!"

- Et lorsque le fameux jour J est arrivé, comment vous sentiez-vous ?

- Les jours précédents, je me sentais très bien, à l’aise et sûre de moi. Mais le Jour J… un peu fébrile et nerveuse. Je ne doutais pas de l’acte ou de ma motivation, mais je savais que ça se faisait dans un endroit publique, avec plein de monde et c’est cela qui me rendait nerveuse ! Heureusement, je savais que je serais entourée par mon mari, mes enfants et mes parents.

- Etait-ce important d'être entourée de cette manière ? Pourquoi ?

Oui. Leur soutien m’a permis d’être forte et à l’aise. Je trouvais aussi que cela renforçait l’acte en lui-même que je ne sois pas seule. Et que mes enfants le voient montrait que c’était quelque chose de normal et qui peut arriver à tout le monde.

- ça y est, vous étiez assise sur la chaise et les coiffeuses étaient sur le point de vous couper les premières mèches, comment c'était ? Pendant le rasage, avez-vous eu une pensée particulière pour votre grand-mère ?

Sur le moment, pour moi, c’était avec une certaine tension, je n’aime pas que l’on me regarde. D’habitude, je suis plutôt à faire du bénévolat en coulisse qu’à me faire raser la tête. Mais je me suis concentrée sur ma grand-mère, sur le fait qu’elle avait à peine pu se battre car la mort l’a prise trois semaines après l’annonce de son cancer, sur les personnes que je connaissais qui avait dû traversé ce genre d’épreuve, qui avaient dû se battre contre le cancer, qu’ils aient gagné ou non ce combat. Toutes mes pensées allaient vers eux.

Quelques minutes avant de me faire raser la tête, une connaissance qui était là par hasard est venue me parler et me dire qu’elle avait été atteinte par un cancer et qu’elle avait perdu ses cheveux. Qu’elle était touchée par ce que je faisais; elle a soutenu mon acte. J’ai été plus qu'émue par ce qu’elle venait de me dire. J’ai aussi pensé très fort à elle.

- Et les jours d'après ? Comment c'était de se voir chauve ? Quelles ont été les réactions de votre entourage ?

Je n’aime pas spécialement ma tête ainsi, je n’arrive pas à m’habituer. Mais je sais ce que ça représente et j’en reste fière. Et je dois dire que cela tombait au bon moment pour les chaleurs qui nous accablent ! Quant à mon entourage, tout le monde a été très sympa et beaucoup trouvent que c’est une coupe que je devrais garder et qui me va très bien ! J’ai eu beaucoup de soutien de mon entourage et c’est vraiment quelque chose qui m’a touchée par rapport à cette expérience.

C’est de cela que je veux me souvenir, le fait que les gens m’aient soutenue, m’aient encouragée et qu’ils aient fait autant de dons ! Encore un grand merci à eux, et à vous, pour cette belle organisation et association !

Propos recueillis le 13 juillet 2015